Entretenir un parquet : le protocole selon la finition
Ce qui soigne un parquet vitrifié abîme un parquet huilé. Avant d’acheter le moindre produit, il faut savoir ce que vous avez sous les pieds — cela prend une minute.

Cet article contient des liens affiliés. Si vous achetez via ces liens, nous percevons une commission, sans surcoût pour vous. En savoir plus.
Il n’existe pas d’entretien du parquet en général. Il existe l’entretien d’un parquet vitrifié, celui d’un parquet huilé et celui d’un parquet ciré — et ce qui soigne le premier abîme le deuxième. Avant d’acheter le moindre produit, il faut donc savoir ce que vous avez sous les pieds. Cela prend une minute.
Identifier la finition : le test de la goutte d’eau
Déposez une goutte d’eau dans un coin peu passant et attendez deux minutes.
- La goutte reste perlée en surface, le bois ne fonce pas → parquet vitrifié. Une couche de vernis isole le bois. C’est la finition la plus répandue dans les logements récents.
- La goutte pénètre lentement et laisse une auréole plus sombre qui s’estompe en séchant → parquet huilé. L’huile nourrit le bois sans l’isoler.
- La goutte laisse une marque blanchâtre et la surface est douce, légèrement satinée au toucher → parquet ciré. De plus en plus rare, surtout dans l’ancien.
Un doute persiste ? Grattez discrètement avec l’ongle dans un angle : un vitrifié résiste, un huilé marque à peine, un ciré laisse une trace de cire sous l’ongle.
Parquet vitrifié : protéger le vernis, pas le bois
Sur un vitrifié, vous n’entretenez jamais le bois : vous entretenez le film de vernis qui le protège. Tout produit gras, huile ou cire, y est inutile et le rend glissant et terne.
Le protocole
- Chaque semaine — aspirateur avec brosse parquet, ou balai microfibre sec. Le sable est l’ennemi numéro un : il raye le vernis à chaque pas.
- Tous les quinze jours — serpillière microfibre bien essorée, avec un nettoyant neutre dilué. Le sol doit sécher en moins d’une minute.
- Une à deux fois par an — un produit rénovateur qui redépose une fine couche d’usure sur le vernis, dans les zones de passage.
SPADO — nettoyant tous parquets
Points forts
- Formule neutre, sans agent gras : adaptée au vernis
- Très dilué, un bidon dure une saison
- Retarde le réencrassement dans les zones de passage
Points faibles
- Sans effet nourrissant : inutile sur un parquet huilé ou ciré
Ce qui détruit un vitrifié
La vapeur, avant tout. Un nettoyeur vapeur fait gonfler les joints et décolle le vernis par en dessous : les dégâts sont irréversibles. Ensuite, les nettoyants alcalins type ammoniaque ou javel, qui matifient le film définitivement.
Parquet huilé : nourrir, et savoir regarnir
Un huilé se répare localement, c’est son grand avantage : une tache se traite sur trente centimètres carrés sans reprendre toute la pièce. En contrepartie, il demande un vrai rendez-vous d’entretien une fois par an.
Le protocole
- Chaque semaine — aspirateur, puis serpillière très essorée avec un savon spécifique parquets huilés. Ces savons contiennent une fraction grasse qui recharge le bois à chaque lavage.
- Une fois par an — un regarnissage à l’huile d’entretien dans les zones de passage : entrée, devant l’évier, couloir.
- Tous les trois à cinq ans — une huile complète sur toute la surface, selon l’usure.
Blanchon — savon naturel des parquets huilés, 1 L
Points forts
- Nettoie et renourrit dans le même geste
- Incolore : pas de risque de foncer un bois clair
- Très concentré, quelques bouchons par seau
Blanchon — huile pour parquet, bois brut
Points forts
- Application localisée possible : on ne traite que les zones usées
- Séchage rapide, pièce réutilisable le lendemain
- Permet de rattraper une tache sans poncer toute la pièce
Points faibles
- Réservé aux parquets huilés : à ne jamais appliquer sur un vitrifié
- Faire un essai dans un angle : la teinte peut légèrement varier
Parquet ciré : le plus exigeant
La cire craint l’eau. Le nettoyage courant se fait à sec, balai microfibre ou aspirateur. Une à deux fois par an, on applique une cire liquide ou en pâte, puis on lustre. Une tache d’eau blanchit la cire : elle se reprend en ponçant très légèrement la zone à la paille de fer 000, puis en recirant.
Si vous héritez d’un parquet ciré et que l’entretien vous paraît lourd, sachez qu’il peut être décapé puis huilé ou vitrifié — mais cela suppose un ponçage complet, donc un chantier.
Les cinq erreurs qui reviennent toujours
- Le nettoyeur vapeur. Interdit sur toutes les finitions, sans exception. C’est la première cause de parquet mort avant l’heure.
- La serpillière trop mouillée. Le bois gonfle, les lames tuilent et ne redescendent jamais complètement. Un parquet se lave humide, pas mouillé.
- Le mauvais produit. Une huile sur un vitrifié donne un sol glissant et poisseux qu’aucun lavage ne rattrape. Un nettoyant neutre sur un huilé le dessèche à petit feu.
- Les patins oubliés. Des feutres sous les pieds de chaises coûtent trois euros et évitent l’essentiel des rayures. À remplacer quand ils se chargent de gravier.
- Le paillasson absent. Les trois quarts de l’usure viennent du sable rapporté de l’extérieur. Un tapis d’entrée efficace fait plus qu’un produit d’entretien.
Le geste saisonnier qu’on oublie
Le bois travaille avec l’humidité. En hiver, avec le chauffage, l’air intérieur descend souvent sous 35 % d’humidité relative : les lames se rétractent et des joints apparaissent. Ils se referment seuls au printemps. Maintenir une hygrométrie entre 45 et 60 % limite ces mouvements et prolonge nettement la vie d’un parquet massif.
Pour un chantier plus large, voir aussi notre décomposition du budget réel de rénovation d’une pièce de 20 m².
Questions fréquentes
Non, sur aucune finition. La vapeur fait gonfler les joints et décolle le vernis par en dessous. Les dégâts sont irréversibles.
Déposez une goutte d’eau et attendez deux minutes. Si elle reste perlée, c’est vitrifié. Si elle pénètre en laissant une auréole qui s’estompe, c’est huilé.
Un regarnissage annuel dans les zones de passage, et une huile complète tous les trois à cinq ans selon l’usure.
Oui, mais cela suppose un décapage puis un ponçage complet. C’est un chantier, pas un entretien.
Le chauffage fait descendre l’humidité de l’air sous 35 %, les lames se rétractent. Ils se referment seuls au printemps.


